Event de l'Antinol (ou Ruisseau souterrain de la Croix)

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Département : DORDOGNE (24)

Commune : CLADECH

Coordonnées kilométriques Lambert 2 étendu :

X : 501.537

Y : 1979.609

Latitude / Longitude en WGS 84: N 44°48'36.8 / E 001°05'32.7

Altitude : 121 m

Carte IGN : 2037 OUEST

Type de calcaire : JURASSIQUE Tithonien (ex Portlandien) (J 9a)

Historique : Jean François GIBERT a déjà pénétré la cavité sur environ 20m en été 1987. Lors de cette époque de sécheresse, le trop plein n'était pas actif mais il y avait encore des laisses d'eau à l'intérieur du réseau.

Après avoir franchi une 1ère châtière en voûte mouillante très sévère, il a poursuivi un peu l'exploration. L'obstacle a peine franchi, il a retrouvé une seconde vasque d'eau stagnante. Plusieurs mètres plus loin après avoir rampé un peu au sec, il a buté sur une voûte rasante où l'eau était aussi stagnante. Mais il a constaté un bruit de ruisseau ou de cascade qui raisonnait fort un peu plus loin... Trop plein? Mais aucun courant d'air n'a été signalé. Siphon plus loin?

Description : L'orifice d'entrée est située juste au dessus d'une petite source perenne qui se jette dans le fossé du bord de la route. L'entrée de l'évent a été dégagée début décembre 2008 de façon à ce qu'elle ne se rebouche plus (voir les 2 raisons de cette opération plus bas).

On maintenant aussi que la petite "source" n'était en fait que l'exutoire des eaux d'une petite fracture située dans le lit du ruisseau souterrain. Depuis, le ruisseau coule en permanence directement dans la tranchée qui rejoint le ruisseau de l'antinol.

Fonctionnement de l'évent et des sources environnantes:

Un relevé topographique du système a été fait fin décembre 2008. Les chiffres entre parenthèses indiquent la hauteur des exutoires par rapport au niveau de la source située en dessous de l'évent.

porche fossile :

N 44°48'37.1'' / E 001°05'32.4''

cette ancienne sortie des eaux ne coule plus depuis bien longtemps... Ce porche impénétrable est situé au dessus de la source de l'évent.

ancienne source de l'event : (niveau O)

N 44°48'36.5'' / E 001°05'34.1''

cet ancien écoulement permanent alimentait en partie le ruisseau de l'antinol grâce à un busage qui a été effectué sous la route.

Le débit de cette petite source variait très peu. Il faut noter qu'avant de ressortir, les eaux traversaient une couche de sédiments située en partie basse de la reculée (argile et blocs de calcaire principalement). A l'origine, cette source était sans doute la principale car on retrouve plus haut un gros porche fossile. Le conduit par lequel le ruisseau souterrain sortait a donc été comblé à cause de l'érosion : les millions d'années ont érodées le calcaire jurassique de la reculée, et d'autres sources se sont crées à proximité du fait du blocage presque total des eaux dans cette zone (hypothèse de spéléo).

Désormais, les eaux de cette ancienne source ressortent directement de l'évent car l'entrée n'est plus "bouchée".

source principale de l'étang : (+1.2m)

N 44°48'34.5'' / E 001°05'32.4''

Cette source existe depuis longtemps. Avant que cette résurgence principale soit murée, l'eau sortait plein rocher en dessous de la route.

Sous la batisse fermée, un tuyau en 200mm permet d'évacuer par gravité l'eau vers l'étang situé juste à proximité. Mais sortie de sa période d'étiage, un petit ruisseau vient alors se déverser directement dans l'étang par une sorte de fenêtre rectangulaire car le tuyau ne permet plus d'évacuer suffisamment vite les eaux.

Le débit peut varier beaucoup (de 10 à plus de 50 litres /secondes).

émergences supérieures de l'étang : (+3.5m)

N 44°48'33.1'' / E 001°05'31.5''

Lorsque le débit devient plus important, plusieurs trop plein s'activent dans le prés en bord de route (voir photo plus bas). Le débit de ces griffons peut être important pendant des périodes de fortes crues.

A noter que ces griffons ont été creusés à la pelle mécanique il y a pas mal d'années pendant un été. Le rocher pur n'a pas été trouvé au fond certainement par ce qu'il doit se trouver du côté de la route.

On suppose que l'eau arrive de l'autre côté de la route par on ne sait où tout comme celle de la source murée.

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évent : (+9m actuellement ; +11.7 avant désobstruction)

Et quand les griffons situés au dessus de l'étang crachent de l'eau, l'évent se met en charge et l'eau dévale la pente pour rejoindre le ruisseau à travers le passage busé. Cet évent serait le "trop plein" situé le plus haut par rapport au niveau de toutes les différentes sources répertoriées. Il coulait rarement ; uniquement en cas de très fortes pluies ou de longues périodes pluvieuses. Mais depuis le dégagement de son entrée, il coule plus longtemps car les eaux ne sont plus bloquées à cet endroit par l'ancien petit puits.

Cet évent peut nous permettre de rejoindre le ruisseau souterrain principal...

Mais le système semble encore plus complexe car l'évent continu de couler alors que les griffons situés au dessus de la source murée ne coulent plus???

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Quelques débits mesurés sur le déversoir de l'étang :

26 mai 2008 -> largeur 2m avec 23 cm de hauteur d'eau + écoulement buse (soit un débit d'environ 400 litres/sec)

19 juin 2008 -> largeur 1m avec 8 cm de hauteur d'eau (soit un débit d'environ 40-45 litres/sec)

11 juillet 2008 -> largeur 1m avec 5 cm de hauteur d'eau (soit un débit d'environ 25 litres/sec)

25 août 2008 -> largeur 1m avec 2 cm de hauteur d'eau (soit un débit d'environ 10 litres/sec)

Mais il faut se méfier, car le déversoir ne coule habituellement pas en été alors que le ruisseau coule toujours. Le ruisseau est alors alimenté uniquement par l'alimentation sous cutanée de l'étang ainsi que par la petite source située en contre bas de l'évent. En étiage, le débit des sources est donc difficile à estimer.

Histoire d'une fuite de canalisation peu commune...

On m'a aussi informé en été 2008 qu'il y aurait une sorte de "perte" du côté de Veyrines de Domme qui serait en relation avec les sources qui alimentent le ruisseau de l'antinol... Cette "perte" se trouve à 1.9 kilomètres et la dénivelation est de 70 mètres !!! Il y aurait donc un gros potentiel spéléologique...

Après vérification auprès de Jean François LARAVOIRE (personne s'occupant du syndicat d'irrigation local), il s'agirait en fait d'une fuite d'eau qui a eu lieu en 2007 sur une conduite d'irrigation enterrée sur les coteaux (voir plan IGN ci-dessous).

Localisation de la fuite par rapport aux sources et à l'évent

Les eaux qui n'ont pas ruisselées en surfaces des terrain agricoles sont ressorties à la source murée de l'étang située à 1.9km de là (infiltration dans une castine assez grosse trouvée localement puis???). C'est le fort débit anormal de la source signalé par un voisin qui a mis la puce à l'oreille au technicien. C'est à partir de cette signalisation qu'il a commençé à chercher la fuite car il n'y avait pas eu de précipitations durant cette période. Et une fois la vanne fermée avant de faire la réparation, la source s'est de nouveau remise à couler normalement à un faible débit.

On doit revérifier cela cet hiver 2008-2009 avec la personne qui s'occupe du syndicat d'irrigation. C'est très sympa de sa part. A noter qu'il y a une grosse doline non loin de la fuite ainsi qu'une ancienne carrière d'extraction de lignite.

Comptes rendus d'exploration

23 août 2008 (Alban ROUSSEAU, Bernard MARTY, Marc DELLUC)

1ère scéance de désobstruction afin d'aménager une tranchée à ciel ouvert à l'entrée de la cavitée. Ce décaissage permettra par la suite de désactiver les voutes mouillantes que Jean François GIBERT a franchi il y a plus de 10 ans.

De plus, la cavitée ne se fermera plus à chaque crue avec les dépôts de sables. Mais il faudra plusieurs scéances afin de venir à bout de cette tranchée (2m de profondeur sur 6m environ de longueur). Mais j'ai une idée pour être plus efficace lors de la prochaine scéance...

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début décembre 2008

La 1ère désobstruction qu'il y avait eu laissait présager d'un trop long travail. Comme ce réseau semble très prometteur, l'entrée de l'évent a été dégagé à la pelle mécanique. Le résultat est le même sauf qu'il a fallu seulement quelques heures de travail pour rendre l'entrée accéssible. La sortie de la tranchée a ensuite été recanalisée dans son "fossé" d'origine. Cela permettra de ne pas bouleverser l'écoulement temporaire du trop plein qui rejoint le passage busé situé en contre bas.

Il ne reste plus qu'à explorer le début du réseau pour faire un "diagnostic" depuis sa dernière exploration qui date de plus de 15 ans. L'idéal serait de le faire après une mise en charge de l'évent pour voir si les eaux évacuent les sédiments accumulés.

20 décembre 2008 (Bernard MARTY, Jean François GIBERT)

La galerie qui était encore active a été dégagée jusqu'au 1er rabaissement de voûte situé à environ 5m de l'entrée. Le tuyau qui avait permi à JFG d'abaisser la vasque suivante est aussi toujours là mais il était entièrement recouvert de sédiments.

JFG et BM ont ensuite franchi cette sorte de châtière en rampant. Ils ont parcourut seulement 2 mètres dans une galerie qui se relève un peu. Ils ont buté dans un état "humide" sur un siphon comme on s'y attendait (1ère vasque rencontrée par JFG il y a 22 ans).

Pour la prochaine scéance, l'objectif sera de décaisser encore plus bas la même portion de galerie afin de ne pas être trop juste pour espérer désactiver le dernier siphon connu et repéré par JFG.

28 décembre 2008 (Alban ROUSSEAU, Jean François GIBERT et son frère, Marc DELLUC, Nicolas ESCURAT)

Le débit de l'eau dans la galerie est identique à celui constaté la semaine dernière. A noter qu'il n'a pas plut. L'évent reste donc en charge plus longtemps qu'auparavant.

On a donc continuer le décaissage des sédiments argilo-sableux en aidant de l'eau. On est arrivé en plusieurs heures à rendre le passage au niveau de la châtière beaucoup plus accessible (voir photo).

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Au delà de la châtière, on remarque une voûte rasante au bout de 2 mètres de galerie seulement. Après avoir fait une légère saignée dans le sol, je m'apperçoit que le niveau de l'eau baisse rapidement de 5cm en amont. On devine alors que la suite est sur la gauche dans une galerie en joint avec un plafond plat. Cela ne siphone plus ici car on entend un léger bruit de ruissellement un peu plus loin.

Juste avant de repartir , les 2 artificiers Alban et Marc ont élargi la chatière. Il faudra une nouvelle séance pour finir le travail proprement.

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29 décembre 2008 (Alban ROUSSEAU, Damien LAFFORGUE, Marc DELLUC)

Alban, Damien et Marc sont en vacance. Ils ont besoin d'une scéance de remise en forme après ces fêtes. Cela tombe bien, l'évent était ouvert aujourd'hui et proposait une cure thermale mais avec une eau plutôt froide...

Cela n'a pas empéché mes amis de bien avancer. Ils ont supprimer la voûte rasante prise la dernière fois en photo. Ils en ont profiter pour avancer un peu plus dans une galerie basse et toujours en présence du petit ruisseau souterrain.

Ils ont tout d'abord rencontrés la fracture par laquelle l'eau alimentait la petite source située en contre bas. Après avoir dégagé le lit du ruisseau, ils ont permis aux eaux de reprendre leur chemin initial. Un bruit de chasse d'eau leur a indiqué le désamorcement de cette toute petite conduite.

Ils sont plus tard arrivés au passage des blocs que JFG avait franchi seul en période de sécheresse. Ce passage qui faisait une mini cascade a été dégagé un peu pour faciliter le passage de l'eau.

Faute de temps, ils se sont arrêtés ici à quelques mètres du terminus de JFG. Il faudra de nouveau décaisser un peu certains passages et finir de dégager cette petite retenue. Au delà, le remplissage devient beaucoup plus sableux. Cependant, il doit rester encore au moins un siphon devant car il n'y a aucun courant d'air dans la galerie.

Il y a encore du travail mais cela finira bien par payer!!!

3 janvier 2009 (Damien LAFFORGUE, Jean François GIBERT, Marc DELLUC, Nicolas ESCURAT)

On a tous continuer à décaisser la galerie. On a fini par arriver au bout de longues heures de travail à l'endroit où JFG s'était arrêté. Comme la galerie était active le passage siphonait. Après avoir fait une dernière saignée dans les sédiments, on a vu le siphon se désactiver rapidement.

Derrière, on voit en mettant la tête au ras de l'eau une galerie au plafond irrégulier. On a du mal à estimer la hauteur mais la suite semble vouloir se développer en diaclase. Ce qui est certain, c'est que le ruisseau coule librement derrière. Sans eau, le passage serait praticable pour un spéléo mince. A suivre..."Trop plein", où es tu???

24 janvier 2009 (Nicolas ESCURAT)

Voici quelques photos de la forte crue qu'il y a eu en cette fin janvier 2009. Elle était plus importante que celle du 26 mai 2008 ; certainement à causes de pluies plus "pénétrantes" :

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8 février 2009 (Bernard MARTY, Damien LAFFORGUE, Jean François GIBERT, Marc DELLUC, Nicolas ESCURAT)

La crue de fin janvier a emporté un peu de sable au delà du terminus de la dernière fois. La galerie a été décaissée par les eaux d'environ 20cm. Mais ce n'est pas suffisant pour espérer passer sans rien faire. Au boulot les gas !!!

Après une heure d'acharnement, on a réussi à franchir l'ex siphon où JFG s'était arrêté il y a 22ans. Un peu de première donc dans une galerie un peu plus large mais toujours de même hauteur. Une cloche après le passage bas permet de se relever un peu afin d'aperçevoir un virage à gauche. On aurait espérer se mettre debout mais c'est pas pour encore. Le plafond noir de la dernière fois était donc juste un effet d'ombre. Derrière, on est toujours à quatres pattes voir même à moitié allongé dans l'eau. Voilà pourquoi une néoprène n'est pas de reste dans ce ruisseau souterrain.

Derrière le fameu virage à gauche, on retrouve une cloche où une partie de l'espace est occupé par un talus d'argile. Ce talus fait barrage et l'eau arrive par une mini cascade sur le côté droit. On remarque ici, que la dernière crue a lavée le passage jusqu'à l'argile. Au delà, une plage de graviers prend place dans le lit du ruisseau, le plafond semble bas. On a donc été un peu prendre l'air dehors afin de se réoxygénés et de se redonner espoir. On en a profité aussi pour dire bonjour a Françis GUICHARD qui était venu prendre des nouvelles. Mais comme il faisait froid dehors, on est vite retourner se réchauffer à l'intérieur. Au bout d'une nouvelle scéance de décaissage, le passage après la cloche est rendu passable par un spéléo (pas trop épais si possible). Le petit bout de galerie active se laisse pénétrer sans trop de mal sur quelques mètres, puis c'est le siphon :-(

A noter que l'on a pas encore rencontré notre amis le "trop plein". Au vu des dénivelés, on en conclut que JFG s'était donc arrêté sur une laisse d'eau. Le fort bruit d'écoulement qu'il a entendu devrait donc être audible si l'on désactive ce siphon. A moins qu'il y en ait encore un autre plus loin !!

Tout cela pour dire que la suite ne sera pas facile. A suivre...

été 2009

Quelques visites de contrôle permettent de faire ces remarques :

En période de pluie, l'évent a aussi coulé alors que les griffons situés au dessus de la source murée n'étaient plus actifs.

En été, l'évent ne s'est pas arrêté de couler.

Le réseau semble beaucoup plus complexe. Les hypothèses sont donc multiples. On ne peut plus écarter qu'il y ait 2 réseaux différents voir plus. On va donc faire appel à Didier JAUBERT du TRIAS pour éclaircir tout cela. Il a des talents de sourcier remarquables !!

19 août 2009 (Jean François GIBERT)

Le siphon terminal a été désactivé par JFG en creusant un chenal juste devant. Cette opération lui a permis de voir la suite. Cela tourne à droite après quelques mètres mais rien d'extraordinaire pour l'instant. La galerie a toujours des faibles dimensions (60cm à 1m de large en moyenne). Le siphon a laissé la place à un plafond surbaissé qui est passable (Et alors JF!!! lol) avec une galerie qui se relève légèrement après.

Comme la galerie ne fais pas 2m de haut par la suite, il vaudrait mieux soit rabaisser le sol du ruisseau, soit faire 1 tir explosif afin de rendre le passage plus engageant et moins aquatique.

Enfin, cela raisonne par la suite. On a donc le choix entre un siphon au bout de 10m ou un agrandissement de la galerie. Etant pourtant optimiste, j'opte plutôt pour un autre siphon. A suivre.

Localisation des dolines à Cladech

Croquis